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| Les impacts de l'invasion des cours d'eau par les renouées du Japon. Réflexions et données. |
| Les impacts visuels (ou paysagers) ne doivent pas être confondus avec les impacts écologiques. Le gigantisme de la plante rend en effet celle-ci particulièrement impressionnante dans les environnements ouverts alors qu'elle semblera plus discrête dans un environnement forestier. Mais il ne s'agit que d'une impression visuelle, la plante occupant souvent la même surface et le même "volume" dans les deux types d'environnement. | Pour la même raison, les gestionnaires pourront être tentés de ne s'occuper que des tronçons peu boisés envahis (en général, des tronçons déjà très artificialisés, où les impacts écologiques de la plante sont faibles) et de laisser de côté les tronçons boisés envahis (qui sont en général, les tronçons les plus naturels, où les conséquences écologiques de la plante sont justement très graves). |
| Il existe assez peu de données scientifiques traitant des impacts écologiques de l'invasion des cours d'eau par les renouées du Japon. Des études sur les modifications induites par les renouées au niveau des peuplements d'invertébrés ont été réalisées en Franche-Comté (cf Mora F.,2002 ) et plus récemment par des chercheurs suisses (cf Gerber E. et al, 2005 et 2008 ). Ces études mettent en évidence que les massifs de renouées du Japon n'offrent que des ressources trophiques assez limitées et peu diversifiées (contrairement aux idées reçues, les massifs d'orties sont des milieux beaucoup plus riches). | L'invasion se traduit ainsi par une baisse générale de d'effectifs, de diversité et de biomasse. La biomasse totale en invertébrés est par exemple réduite de moitié entre des saulaies et des massifs de renouées du Japon. Il est donc probable que cette perte ait aussi des conséquences sur les réseaux trophiques basés sur la consommation d'invertébrés, notamment au niveau des batraciens, des oiseaux ou des poissons. Une expérimentation dans l'état de New-York a ainsi mis en évidence la moindre fréquentation des zones envahies par les grenouilles, sans doute du fait du manque de nourriture. (cf Maerz J.C. et al, 2005 ). |
| Très peu d'herbacées indigènes (les orties, les gaillets gratteron) se maintiennent à l'intérieur des massifs de renouées du Japon. Aucune régénération d'arbres (rejets ou semis) d'espèces indigènes n'est observée (voir le cliché ci-dessus pris à l'intérieur d'un massif). Le développement des renouées a donc des conséquences directes sur les successions végétales en bord de rivière. En toute logique, ces successions étant bloquées, les renouées du Japon ont des conséquences directes sur le renouvellement des ripisylves dans les secteurs envahis. Par ailleurs, la forte compétitivité des renouées du Japon est surtout liée à une compétition directe pour la lumière et les nutriments, plus qu'à l'effet allélopathique constaté dans des cultures en pots (inhibition de la germination de graine). | Cet impact sur la régression des ripisylves sera long à apparaître sur des rivières non entretenues, car il faut plusieurs dizaines d'années pour qu'une forêt alluviale se renouvelle, mais il peut être très rapide sur des rivières entretenus. Dans une ripisylve envahie, les travaux forestiers d'entretien accélèrent la mort des souches, qui ne peuvent plus rejetter. Une des principales préconisations en milieu forestier envahi devrait être de proscrire tout abattage des arbres et arbustes existants. |
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