Définir une stratégie de lutte.
Exemple dans la plaine de Bièvre-Valloire.
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L'invasion d'un tronçon se déroule schématiquement en trois phases successives et de durée inégale "contamination- colonisation- envahissement" (cf schéma). Seules, les deux premières phases caractérisée par des massifs épars et souvent peu étendus sont les plus favorables à des actions de lutte efficaces et peu traumatisantes pour les milieux. La propagation essentiellement par rhizomes et non par graines, est un avantage majeur. Ainsi, la dispersion naturelle de la plante se faisant grâce à l'eau vers l’aval et de proche en proche, il est possible en empêchant la plante de s’installer de stopper cette progression et de préserver les sites situés en aval.

La mise en place d'une stratégie de lutte cohérente et efficace s'appuie sur :
1/ une cartographie précise des implantations de la plante sur un chevelu hydrographique cohérent, avec l'évaluation des surfaces envahies, l'identification des foyers de contamination, la reconnaissance des tronçons où la plante se propage activement ou au contraire ceux où les massifs isolés ne présentent pas de risque pour le cours d'eau. L'inventaire cartographique ne pourra concerner qu’une partie du bassin versant, mais il ne devra oublier aucun affluent secondaire.
2/ une analyse précise des actions possibles en fonction de leur faisabilité technique, de leur efficacité et de leurs impacts. La stratégie la plus efficace consiste généralement à détruire tous les massifs isolés susceptibles de devenir des foyers de contamination et à empêcher l’installation naturelle de la plante sur les tronçons situés en aval de secteurs envahis.

Mais ces mesures ne seront efficaces que si par ailleurs, les activités humaines en bord de cours d’eau ne continuent pas de disperser la plante. Des actions de sensibilisation doivent donc souvent compléter les programmes de lutte.

3/ une mise en œuvre très rigoureuse du programme de lutte et du programme de surveillance et un engagement durable du gestionnaire dans cette lutte. Aucune solution définitive ne pourra sans doute être apportée aux risques de nouvelle invasion et même avec une importante communication, il est probable que la plante sera à nouveau rapportée. Seule une surveillance active et permanente du réseau permettra par conséquent d’éviter de nouvelles implantations.

Les principales causes d'échec des programmes de lutte sont :
- un diagnostic insuffisant,
- une mauvaise cohérence territoriale des actions menées,
- la mise en oeuvre de moyens inadaptés,
- l'absence d'évaluation régulière.


schéma





Une stratégie de lutte correspond toujours à un panel d'actions à mener de front et de manière rigoureuse et persévérante.

Trois grands types de mesures peuvent être mis en oeuvre :


1/ des mesures préventives pour limiter les risques d'introduction ou de dispersion de la plante.

Elles regroupent des mesures très variées :
- campagne de sensibilisation,
- modifications des pratiques dispersant la plante involontairement,
- mesures contraignantes dans les cahiers des charges des chantiers de travaux publics,
- destruction précoce de la plante avant que celle-ci ne s'enracine).

Technique de l'arrachage précoce.

2/ des mesures éradicatrices pour détruire des sources de contamination, réhabiliter des sites infestés ou décontaminer des terres.

Elles consistent à détruire les plantes sur un secteur délimité. La plante est très difficile à tuer notamment en période végétative, car elle est capable de réparer très rapidement (en quelques jours) ses tissus endommagés. S'attaquer à la partie aérienne de la plante (tiges et feuilles) n'empêche pas la survie de la partie vivace enterrée dans le sol.
On distingue des moyens mécaniques ou chimiques (herbicides). Des essais très encourageants sont en cours en France pour détruire la partie vivace et souterraine de la plante (technique du concassage-bâchage). L'utilisation des herbicides étaient souvent compliquée (respect de conditions strictes d'application, suivi sur plusieurs années), impossible sur les surfaces importantes (proximité de la nappe ou du cours d'eau) et est aujourd'hui quasi interdit au bord des rivières. En effet, le dernier produit autorisé sur les berges (à base de glyphosate) a été retiré de la vente depuis l'automne 2008 et interdit d'utilisation depuis le 1er octobre 2009. Pour connaître les produits autorisés, consulter, le site EPHY

3/ des mesures régulatrices (ou compensatoires ou de contrôle) pour maintenir l'espèce invasive à un niveau acceptable.


Elles comprennent toutes les mesures pour compenser les impacts de la plante, comme les plantations, semis et fauches pluriannuelles pour permettre à d'autres plantes de se développer. Les fauches présentent toutefois le risque de propager la plante sur d'autres sites, grâce aux tiges coupées qui bouturent très facilement.



Toutes les techniques mécaniques impliquant de manipuler la plante (fauche, arrachage, décaissement,...) présentent des risques très importants de favoriser la dispersion de la plante pendant leur mise en oeuvre.

C'est pourquoi, la réalisation de chantiers de lutte mécanique doit toujours être surveillée par des personnes bien formées à ces risques.


Le risque et les avantages des fauches :

La première photo ci-contre montre deux massifs implantés volontairement dans le jardin d'un particulier. Ces massifs ont une trentaine d'années. Autour du massif, de nombreux rejets tentent de se développer tous les ans sur un rayon de 1 à 2 m, mais le particulier en tondant sa pelouse 8 à 10 fois par an à empêcher les renouées de s'étendre.

Mais si des actions mécaniques sont réalisées dans les sites envahis, des précautions très strictes devront être prises pour ne pas contribuer à la dispersion de la plante. Il n'est pas rare de voir des actions motivées de bonnes intentions avoir en fait des impacts très négatifs !!! La seconde photo ci-contre montre l'abandon de nombreuses tiges vertes après une fauche sur des berges. Certaines des tiges ont été entrainées vers l'aval et ont bouturé. Il aurait mieux valu ne pas intervenir !!!
Ces 2 massifs de F. japonica ont une trentaine d'année. La tonte fréquente de la pelouse a permis jusquà présent de stopper leur extension latérale.








Ces 2 massifs de F. japonica ont une trentaine d'année. La tonte fréquente de la pelouse a permis jusquà présent de stopper leur extension latérale.


Exemple dans la plaine de Bièvre-Valloire.

A partir du diagnostic établi sur le réseau de la plaine Bièvre Valloire (Voir le diagnostic cartographique), la mise en application de cette stratégie de lutte aboutit au programme de lutte présenté sur le carte ci-après.

Carte.

Aucune mesure n'est prévue sur la partie amont par manque de moyens, mais cela n'est pas choquant et ne remet pas en cause l'efficacité des actions pouvant être menées en aval. Les observations de terrain montrent en effet que la propagation des renouées sur le réseau s'interrompt assez brutalement (sur quelques kilomètres) en aval des derniers secteurs envahis.



Sur cette partie aval du bassin, l'objectif du programme doit être de stopper la progression de la plante sur le réseau. Il aurait été intéressant pour cela d'une part, de mettre en place une surveillance active, avec arrachage précoce pour éviter toute nouvelle implantations via les crues, et d'autre part, pour améliorer cette surveillance, d'éradiquer la plante de trois secteurs, qui peuvent participent à la diffusion vers l'aval de la plante : deux secteurs situés en aval des sites envahis, où des massifs épars sont apparus récemment (secteurs en cours de colonisation) et un secteur, où quelques massifs rapportés par des remblais menacent de contaminer le réseau hydrographique.


Sur la partie aval du réseau, les surfaces envahies concernent environ 9000 m² de berges. Mais avec cette stratégie, il faudrait détruire seulement 800 m², soit moins de 10 % des surfaces concernées, pour stopper la progression de la plante sur le réseau et préserver ainsi de nombreux kilomètres de rivières encore indemnes. Exemple de massifs épars à traiter.(cf photo ci-contre).


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