Typologie des secteurs envahis par les renouées du Japon.
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La figure suivante montre la répartition des tronçons envahis en fonction de l’environnement du cours d’eau. Elle révèle que l’invasion par les renouées du Japon n’est pas uniquement un problème « des villes », mais bien un problème plus général qui concerne majoritairement des zones agricoles, rurales ou naturelles (60% des tronçons envahis). Par ailleurs, l’invasion ne concerne pas uniquement des secteurs artificialisés, mais également des secteurs entièrement naturels. Ainsi les tronçons totalement naturels, c'est-à-dire présentant une morphologie non artificialisée et situés dans un environnement sauvage ou naturel, représentent 14% des tronçons envahis et cartographiés (non représentés sur la figure).

Graphe

D'autre part, parmi les tronçons « envahissables » (= situés en aval de tronçons envahis), ceux présentant les caractéristiques suivantes semblent envahis de façon préférentielle :
x les plus fortes pentes ;
x les granulométries les plus grossières ;
x les berges les plus érodées ;
x des berges artificialisées ;
x des lits rectifiés ou recalibrés.

Ce dernier constat souligne les rôles essentiels et conjoints d’une part, de la dynamique fluviale arrachant et transportant la plante et d’autre part, de l’homme, qui modifie la géométrie des lits naturels et transporte des terres contaminées. Ces deux éléments influencent sans doute directement la vitesse d’invasion d’un cours d’eau et permettent de proposer la typologie sommaire suivante pour traduire la sensibilité des cours d’eau à l’invasion :

Cours d'eau naturel Cours d'eau artificialisé
Dynamique érosive faible Vitesse d'invasion lente Vitesse d'invasion rapide
Dynamique érosive forte Vitesse d'invasion rapide Vitesse d'invasion rapide

Par contre, aucune différence liée à la largeur ou à la continuité des ripisylves n’a été mise en évidence entre tronçons envahis et tronçons non envahis. Sur le terrain, des tronçons présentant des ripisylves denses et naturelles et complètement envahis par les renouées du Japon ont pu être observés à de nombreuses reprises (voir un exemple .)



Mais, les observations de terrain laissent suggérer que le manque de lumière est un facteur limitant pour la croissance de la plante, celle-ci se cantonnant aux clairières et aux lisières sans pénétrer au sein d’un habitat forestier si la canopée forme un écran dense et continu.
Les berges des cours d’eau, qui sont par nature, des espaces de lisière, ne sont donc pas suffisamment ombragées pour limiter le développement de la plante, tout comme les atterrissements largement colonisés par la plante. De même, les chenaux de crue et les clairières constituent des axes préférentiels pour la pénétration des renouées du Japon dans les ripisylves.

A terme, des impacts écologiques peuvent donc être craints sur les ripisylves, aucune régénération naturelle de ligneux n’étant observée dans les massifs de renouées. C'est pourquoi également, les plantations effectuées sur les berges ne constituent pas un moyen efficace pour lutter contre la progression de l’invasion, des berges naturellement bien boisées pouvant être envahies par les renouées.
Répartition des substrats artificiels envahis sur les tronçons.
diagramme
Les substrats artificiels (décharge, remblais, ouvrages,...) concernent 59% des tronçons. Et dans ces substrats artificiels, les ouvrages de protections hydrauliques (digues, enrochements,...) constituent la première source de contamination, juste avant les accotements routiers. Les travaux d'entretien des routes, comme les travaux hydrauliques, ont ainsi un rôle majeur pour propager la plante, en particulier dans des sites de moyenne montagne encore épargnés il y a quelques années (Bauges, Chartreuse, Monts du Lyonnais,...). Cette contamination peut se faire à partir de matériaux contaminés rapportés par les travaux, mais aussi par des pratiques courantes comme le nettoyage des engins dans les petits ravins.

Il n'est pas nécessaire que ces apports se fassent directement sur les berges. En montagne, les fortes pentes des réseaux permettent en effet facilement aux rhizomes rapportés dans le réseau d'assainissement pluvial, de rejoindre les cours d'eau.



On distingue nettement ci-contre les deux très gros massifs de renouées du Japon le long du talus routier, en contre-bas des maisons.



Autres résultats de l'étude cartographique sur le bassin RMC.
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